Kotinga

 

Un matin après une longue nuit d'Harmattan,  Une nouvelle tente fait son apparition à l'écart du campement. 

Dans cette tente, une femme, une veuve et ses huit filles, huit très belles filles. Le jour, elles sont le centre de toutes les conversations masculines. Le soir, à la cour d'amour, tous rivalisent d'exploits inventés, de devinettes subtiles, d'humour, de gentillesse pour ces huit filles.

Un soir, les sept frères de Kotinga obtiennent le droit de raccompagner les jeunes filles.

Devant leur tente, la mère surgit :

-        Qui êtes-vous? 
-       
Nous raccompagnons vos filles.

-        Non!  Vous les épousez !
 
-        Mais…

-        C'est comme ça!  Elles sont huit, vous êtes huit!  C'est tout!

Les frères rentrent sous la tente de leur mère, secouent leur petit frère :

-        Kotinga, il faut que tu te maries.

-      Non!

-        Kotinga, la femme, celle qui a huit filles.

Elle ne nous laisse pas le choix, c'est toutes ou aucune.
Il faut que tu te maries !

-        Non!

-        Kotinga… petit frère…  Tu ne veux pas faire notre malheur à tous ?

-        Bon…  

Le mariage a lieu. Au tendé, les femmes regroupées chantent, frappent des mains, battent le tambour. Les hommes tournent autour d'elles avec leurs chameaux, jusqu'à les frôler.

Kotinga en a assez, il baraque son chameau et, accompagné de son cabri, se promène du côté des tentes des jeunes mariés à l'écart du campement.

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© Albert Dechambre 25/03/2008